Interview du Prince Antoine IV d’Araucanie

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Sa famille est originaire de Sicile. Antoine IV, autrefois baron Parasiliti di Para, il est devenu au mois de Janvier le continuateur de la Famille Royale fondée par Antoine de Tounens, explorateur qui fonda en 1860, avec les Indiens, le Royaume d’Araucanie devenu peu après le Royaume d’Araucanie et de Patagonie.

 

Pour sa première grande interview depuis son élection, il a accepté de répondre à nos questions.

 

Antoine

  Le 9 Janvier 2014 – Journal Sud-Ouest

 

 L’Interview du Prince Antoine IV d’Araucanie-Patagonie.

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– Vous avez atteint la plus haute marche d’un parcours, d’un long parcours au service de l’Araucanie, durant lequel vous avez été l’un des plus proches collaborateurs du défunt Prince Philippe, et j’imagine que cela doit être impressionnant…

– Impressionnant, mais je découvre qu’il s’agit d’une énorme responsabilité. Mon parcours a commencé il y a une quarantaine d’années, j’ai d’abord été agrégé au soutien de la cause araucanienne, puis pendant de nombreuses années j’ai été Conseiller du Royaume, puis enfin, en 1995, je suis devenu Président du Conseil du Royaume après la mort de Roland Vergnaud [ Précision de l’invité : Roland Vergnaud, mort jeune, fut Maire de Rivedoux-Plage (Ile-de-Ré) de 1977 à 1983 et Conseiller Général ]. Roland Vergnaud s’intéressait à l’Araucanie car son père avait été Ambassadeur de France à Buenos Aires dans les années 60 et c’est là-bas qu’il avait découvert l’existence du Royaume d’Araucanie et de son Histoire.

J’ai participé à des réunions importantes à cette époque, lorsque a été établi l’Acte additif, voulu par Philippe IV, à la Constitution de 1861 qui ne prévoyait pas de régence. Puis dans ces fonctions de Président du Conseil du Royaume (depuis 1995) je devais veiller à ce que la Constitution soit appliquée dans tous les actes produits.

j’étais au courant mais finalement, pas au courant car je ne connaissais pas les affaires politiques que le Prince Philippe conservait par devers lui.

Je découvre des affaires nombreuses, complexes, et d’une grande ampleur, ce qui m’oblige à une prudence de sioux.

… – Mesurez-vous ce rôle, sa taille gigantesque et le poids moral qui s’attachent à votre fonction ?

Je la ressens comme impressionnante, contraignante, il y a un devoir moral vis-à-vis du Peuple Mapuche. Ce repli de l’Histoire, cette situation originale, obligent à une réflexion. Cela nécessite de prévoir la mise en place d’actions délicates à mener, mais qui trouve son champ d’application. Mais elle m’interpelle plus que par le passé.

Je souhaite donner plus d’ampleur à cette question-là, parce qu’une partie des habitants ignorent, là-bas, qu’il existe en Europe des gens qui se consacrent à la défense des Mapuches, et pour leur dire qu’ils ne sont pas seuls et abandonnés. J’en discuterai régulièrement avec les responsables du Royaume.

Les Indiens sont malheureusement très divisés, il existe des courants antagonistes. Il est quasiment impossible de les fédérer.

… – Mais le Prince Philippe, par son voyage, avait permis une union et un sursaut ?

Le Prince Philippe avait été inquiété par l’Argentine et aussi par le Chili, mais il avait permis un sursaut, mais les Mapuches sont restés par la suite très divisés. On peut avoir une admiration devant le mérite d’Orélie-Antoine, devant les tentatives d’empiètement de l’Argentine et du Chili. Il existe une division congénitale qui perdure aujourd’hui, ce qui ne simplifie pas la problématique.

Imaginez la frontière avec le Chili, c’est-à-dire le Fleuve Biobío. Depuis 300 ans les Indiens se battaient contre l’Espagne, et depuis l’Indépendance, contre le Chili. Tout blanc qui pénétrait était immédiatement exécuté, et ils étaient en permanence sur le pied de guerre. 

Imaginez qu’en 1860, un français, Antoine de Tounens, qui ne parlait pas Espagnol ou très peu, débarque au milieu d’une des tribus les plus importantes. A un ou deux jours de son arrivée, se tenait à Perquenco, où plusieurs Toki ( Grands Chefs militaires ) s’étaient réunis, un Conseil de Guerre. Et là, devant les Indiens stupéfaits, il se met à parler : « Je suis là pour vous aider, et je suis votre roi. (…) Criez « Viva el rey ! » (Vive le roi !). Subjugués par un inconnu, certes avec de la prestance, pas très grand, avec une barbe noire. Les Indiens l’avaient surnommé « la Voix ».

Dans le système traditionnel, il ne pouvait se trouver aucun des Chefs Mapuches qui prenne l’avantage. Pour la durée de la guerre, le Toki était le Commandant militaire.  

D’après moi, Orélie-Antoine a réussi car il est arrivé à un moment propice et stratégique, et parce qu’il n’était pas issu du sérail.

Je découvre depuis mon élection une réalité qui me contraint à l’action. cette fonction exige beaucoup, et mon souci est de faire en sorte que cette prise de responsabilité en faveur des Indiens d’Argentine et du Chili soit la colonne vertébrale du Royaume. Sinon, il n’y aurait pas sens. Mais nous perpétuons la mémoire d’Orélie-Antoine.

Jean-François Gareyte, [dont nous reparlerons sur notre Site] qui s’est rendu trois fois en Argentine, confirme tout-à-fait tout ce qui avait été pressenti de l’odyssée d’Orélie-Antoine et lève toute ambiguïté.

– Pouvez-vous présenter pour nos lecteurs quelques éléments de votre propre histoire ? En particulier, possédez-vous le goût de l’Histoire ?

J’ai toujours eu le goût de l’Histoire. Et j’ai toujours eu le goût en particulier de l’Histoire non officielle et parallèle. Pour l’Araucanie, il s’agit d’un atavisme familial et cela correspondait à ma recherche.

Dans les années 70, j’ai obtenu un Doctorat d’Histoire des civilisations. Ma thèse portait sur les Maori et sur les royaumes du Pacifique Central : Hawaï, Tonga (Polynésie française), et Tahiti. Elle étudiait les évolutions historiques ces monarchies ainsi que l’époque qui correspondait à l’arrivée de la culture occidentale. La dernière souveraine, déposée par les Colons contre le Droit International, défendait son peuple contre les spoliations.

Il n’existait pas de cadastre. Les terres appartenaient à la couronne qui les distribuaient en fonction des besoins. mais les planteurs US de sucre et d’ananas se sont appropriés les meilleures terres. Au début de la colonisation, Hawaï comptait 300 000 habitants. Lorsque la Reine fut déposée, il n’en restait plus que 30 000.

Mon grand-père et mon arrière-grand-père avaient été en relations avec Orélie-Antoine. A la mort de mon père, en 1972, j’ai découvert deux dossiers concernant l’Araucanie. J’ai communiqué par la suite certains documents au Prince Philippe, mais lors de cette découverte j’ignorais tout de l’existence du Royaume et de sa survivance.

J’ai effectué toute ma carrière comme éducateur spécialisé pour handicapés mentaux (trisomiques). Je suis devenu directeur d’établissement puis Directeur général.

– En quoi peut consister aujourd’hui la défense des intérêts Mapuche, et comment peut-elle prendre forme ?

Il y a deux ans, avec plusieurs conseillers du Royaume, nous avions introduit auprès de l’ONU une demande pour constituer une ONG à statut consultatif, afin de pouvoir présenter des textes relatifs aux conditions des Mapuches ou pour élever des réclamations devant certains événements, notamment les atteintes aux Droits de l’Homme. L’un d’entre nous, M. Mariqueo, avait déjà obtenu auparavant, un quota d’heures d’interventions à Genève, que nous octroyait généreusement, sur son propre quota, une autre organisation.

Auspice Stella, qui est le nom de cette ONG, a vocation de s’occuper de tout ce qui concerne le Royaume, au sens large, ainsi que d’assurer la représentation de la Maison Royale.

Avec ce statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC [Conseil Economique et Social des Nations Unies] , il s’agit d’un pas important qui a été franchi. Maintenant, quelques personnes s’occupent de cette organisation, mais je souhaite la développer pour qu’elle puisse exister et que l’on puisse ouvrir des délégations partout.

Je souhaite l’ouvrir le plus possible à tous ceux qui désireront s’investir dans cette cause, afin qu’ils la fassent connaître, et aussi qu’il puissent dire ce qui ne va pas, parfois, dans le fonctionnement (de l’Araucanie).

– Quels seront les axes de votre mandature ( le mot étant de vous, et donc je le reprends) ?

Il existe une problématique. Nous avons une double face : toujours, de l’extérieur, on met en évidence le côté médaille, cape, Etoile du Sud… Il s’agit du côté pittoresque, et celui-ci est utile. Il fait partie du fonctionnement, il faut l’assumer car il s’agit de l’héritage du Royaume. Mais il existe bien sûr l’autre face, consacré à la défense des Indiens. Mais les deux côtés sont intrinsèquement liés, et l’on se sert du premier pour intéresser les volontaires au second. Beaucoup sont venus à l’Araucanie, intéressés ou curieux pour le premier aspect, et par rebond, ils ont pu s’intéresser à la cause que nous défendons. Nous sommes souvent culpabilisés par des articles , mais nous devons assumer cet héritage…

Je compte justement, mais ce n’est qu’un aspect secondaire, instaurer une Commission de protocole qui solennisera nos cérémonies. Cet aspect est assumé, fort, et respecté, même s’il est annexe; mais il se poursuivra de façon assumée.

Je voudrais déposer un dossier auprès de l’UNESCO afin de sauvegarder la Culture du Peuple Mapuche. Sa culture est en danger, et ce sera l’un des points importants de notre action.

Je souhaite regrouper également tous ceux qui font des recherches sur le Royaume d’Araucanie. Mais ce genre d’initiative fait partie de la partie administrative.

… – Autrefois, le Prince Philippe n’avait-il pas fondé les Hautes Etudes Araucaniennes ?..

Malheureusement, cela, et d’autres choses encore, sont tombés en désuétude.

Avec Auspice Stella, je souhaite créer plusieurs commissions, sur tous les sujets concernant le fonctionnement du Royaume. C’est le côté administratif.

– Quelles seront vos « troupes » sur lesquelles vous pourrez compter,…        et utiliserez-vous le très considérable capital de sympathie acquis sous Philippe ?

Il existe chez nous plusieurs dizaines de personnes véritablement engagées, ainsi qu’un certain nombre à l’extérieur ( répartis dans le monde) mais cela reste très insuffisant. Il existe une organisation américaine très bien organisée, active, indépendante de notre organisation mais qui est dirigée par l’un des Conseillers du Royaume, il s’agit de la NAARS. Elle n’émane pas de la Maison Royale mais il s’agit d’une organisation amie, bien sûr.

 Nous essaierons de développer ce capital, mais à ceci près que je n’ai pas les contacts du Prince Philippe. Je n’ai pas de réseau d’influence, mais j’essaierai au maximum de développer ce capital.

Nous avons besoin de tous les sympathisants et amis de l’Araucanie.

Justement, les médailles n’ont pas pour but de se réunir une fois par an autour d’un banquet…  C’est un à-côté, ce n’est pas un fondement en soi. Mais cela fait partie de l’héritage de la monarchie.

Il s’agit aussi de continuer à réhabiliter Orélie-Antoine, comme avait commencé de le faire le Prince Philippe, notamment avec son livre. Nous ajouterons de nouveaux axes. Notre raison d’être est d’abord la défense des intérêts Mapuches, le reste est un peu accessoire, mais il sera maintenu, et nous développerons en même temps bien sûr la défense des Mapuches.

– Prévoyez-vous de rajeunir les « cadres », qui constituent comme un Sénat ?

A ceux qui viendront, je souhaite leur confier des missions, des responsabilités. Le statut d’ONG nous incite à nous organiser, à réfléchir de façon plus posée et active. Elle doit être l’une des voix du Peuple Mapuche.

Ce sera l’un des axes à développer. Nous souhaitons inciter tous les sympathisants à s’inscrire à Auspice Stella, et à y prendre ensuite des responsabilités.

– Pensez-vous pouvoir être entendu dans ce contexte assez serré, devenu même très violent, pour le faire évoluer ?

Je pense que la meilleure formule serait d’accentuer nos efforts vers une grande autonomie, à la manière de ce que l’on trouve en Espagne, ou en Allemagne avec les länder.

Je souhaite que nous puissions développer et mettre en valeur tout ce qui concerne la Culture Mapuche : les orientations linguistiques, culturelles, les questions de Santé, d’Agriculture, d’Education, Arts et traditions Mapuches, l’Environnement…

Chef de la Maison royale, j’assume une survivance historique mémorielle. Il s’agit d’un repli de l’Histoire.

Si on avait créé une République, au lieu d’un Royaume, est-ce qu’on en parlerait encore ? Justement, l’objectif est que l’on puisse continuer d’en parler dans l’avenir ! Prenons l’exemple de la République de Cunani, un épisode du Contesté franco-brésilien, qui n’a pas eu de survivance.

L’idée monarchique ne disparaît pas. Le principe est si fort qu’il subsiste. Nous avons perdu un territoire, une entité juridique, mais non notre tradition, et il subsiste en même temps la Maison Royale.

Nous travaillerons d’abord avec ECOSOC. Mais le contexte est très délicat. il existe une situation récurrente depuis l’annexion. Les Araucans ont été chassés des meilleures terres. les grandes compagnies, à l’heure actuelle, s’installent et s’approprient de nouvelles terres. Des enfants sont enlevés et battus. Mais les Mapuches commencent de plus en plus à manifester, afin de défendre ces terres ou le peu qu’il en reste.

Il existe aussi un problème social. Il s’agit des populations les plus pauvres d’Araucanie. Officiellement, il existe une reconnaissance de droits équivalents pour les Mapuches et les autres citoyens, mais ces droits sont sans cesse bafoués. Notre rôle sera d’obtenir au moins l’écoute des autres pays.

Enfin, il peinent à se fédérer, car ils sont d’abord occupés à leur survie au quotidien.

… – Certains font-ils des études ?

Une jeune génération, dans la trentaine, existe, et il commence à y avoir sur le marché du fonctionnement social, des médecins, des avocats… D’autres qui occupent des fonctions dans l’administration. Mais cela est très minoritaire.

De leur côté, l’Argentine et le Chili sont des pays très têtus. Le Chili est le pays le plus nationaliste de l’hémisphère Sud… Il considère que le problème Mapuche est un problème intérieur… De ce fait, toute remarque depuis l’extérieur est inaudible. L’Argentine est aussi dans la même situation aujourd’hui, alors que cette attitude était moins marquée. Il faudra du temps. C’est ici que la Maison Royale prend tout son sens. Après moi, d’autres auront des actions importantes à mener.

– Quelles sont vos qualités, et les qualités en général que vous souhaitez mettre en avant ?

Par ma profession, au milieu d’équipes pluridisciplinaires, j’ai pris l’habitude d’écouter les autres. Lorsque j’ai une décision à prendre, j’écoute tous les points de vue, tous les avis sur le travail à mettre en place.

J’écouterai les points de vue. Cela permettra d’échanger. Avec le Prince Philippe, on pourrait penser qu’il n’y avait pas beaucoup de concertation, on n’osait pas trop lui poser de questions, sauf bien sûr en tête à tête et alors on pouvait lui donner un avis. Il avait pris l’habitude de décider « souverainement »… et il n’éprouvait pas la nécessité de réunir les gens. Il n’existait pas de Conseil régulier, et je compte le réunir.
Il faut comprendre que le Prince Philippe avait une telle habitude, et parce qu’il a véritablement incarné l’Araucanie, « depuis toujours », chacun considérait que certaines questions ne concernaient pas son entourage, cela sans aucun autoritarisme de sa part, mais il possédait la maîtrise du sujet.

Le Prince Philippe était comme le Souverain de l’Araucanie. Ayant tout reconstruit, pièce à pièce, au fil des innombrables difficultés qui ont surgi. Il faut dire aussi que par le passé, des collaborateurs l’avaient trahi, et pour ces raisons, quant à la décision il s’en remettait à lui-même.

Je souhaite agréger plusieurs personnes non impliquées dans ce fonctionnement, et là, ça rejoint les Commissions… Je souhaite qu’elles puissent être le vivier d’Auspice Stella… Qu’elles puissent attirer des volontaires, afin de leur confier des responsabilités.

– Merci !

photographie ci-dessous : courtoisie de royalcello.websitetoolbox.com


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